Perspectives pour une production bovine et laitière sans impact climatique au Canada

Dre Karen Beauchemin, Agriculture and Agri-Food Canada

Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030 et s’est joint à plus de 120 pays qui ont promis d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises agroalimentaires se sont volontairement fixé des objectifs ambitieux qui vont dans le même sens. La carboneutralité est un stade auquel les émissions anthropiques de GES sont compensées par une élimination équivalente. Étant donné que plus de 70 % des GES associés à la production de bœuf et de lait sont émis à la ferme, les éleveurs devront redoubler d’ardeur pour adopter des pratiques de réduction des émissions de GES afin de continuer à vendre leurs produits. Au Canada, les empreintes carbones du bœuf et du lait à la ferme sont inférieures à 50 % de la moyenne mondiale et continuent de diminuer grâce aux progrès réalisés en matière de nutrition, de génétique, de santé, de gestion du fumier, de production d’aliments et de gestion agricole. Cependant, l’amélioration de l’efficacité de la production pour diminuer les empreintes carbones ne permettront pas d’atteindre les objectifs de réduction des émissions absolues de GES requises. Le présent document traite des possibilités de réduire les émissions de GES des exploitations bovines et laitières canadiennes et, tout particulièrement, des innovations nécessaires pour diminuer considérablement les émissions de méthane entérique. Bien qu’il ne sera pas possible d’obtenir des produits issus de ruminants à zéro émissions nettes dans un avenir proche, il pourrait être plus réaliste de viser la production de bœuf et de produits laitiers sans impact climatique. Cet objectif pourrait être atteint en adoptant de manière rigoureuse les pratiques exemplaires pour réduire les émissions à la ferme, en comptabilisant le carbone du sol séquestré dans les prairies et en appliquant la nouvelle méthode de calcul du potentiel de réchauffement global (PRG*) pour reconnaître que le méthane provenant des ruminants a une courte durée de vie dans l’atmosphère et fait partie d’un cycle biologique, contrairement au CO2 issu des combustibles fossiles, et qu’il ne contribue donc pas au réchauffement des températures lorsque le nombre d’animaux demeure constant, comme c’est le cas au Canada.


Biographie en anglais : Dr. Karen Beauchemin is a federal scientist in Canada who is recognized as an international authority on greenhouse gas emissions from livestock farming. Dr. Beauchemin and her colleagues have established a broad-based research program to improve feed utilization of beef and dairy cattle while reducing methane production. The research is helping Canadian farmers improve the sustainability of meat and milk production, while adapting to climate change impacts. She is currently a senior research scientist at Agriculture and Agri-Food Canada’s Lethbridge Research and Development Centre, with more than 30 years of experience. She has been recognized with numerous prestigious awards including the Canadian Beef Industry Award for Outstanding Research and Innovation (2020) and Agriculture Canada’s Golden Harvest Award (2021). Karen served on the National Academy of Science’s Nutrient Requirements of Beef Cattle committee and has published more than 500 refereed scientific publications over her career.


Conférence JM Bell en nutrition animale


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